Mobilisation et Prévention

Nuisibles en France en 2025–2026 : ce qui progresse, ce qui recule et ce que les études permettent vraiment d’affirmer

Bilan provisoire de 2026 • Publications et observations sont distinguées • 40 références documentaires

La France connaît une transformation de ses risques liés aux nuisibles, mais les sources officielles ne décrivent pas une prolifération uniforme de toutes les espèces. Le bilan associe extension de certains vecteurs, épisodes sanitaires importants, nouvelles interceptions et reculs localisés. Il montre aussi des lacunes : plusieurs nuisibles du quotidien ne disposent pas, dans le corpus consulté, d’une mesure nationale récente permettant de chiffrer leur progression.

Cet état des lieux est arrêté au 25 octobre 2026. Il distingue les bilans de 2025, les observations provisoires de 2026 et les études publiées récemment sur des données plus anciennes. Le mot « nuisibles » est employé ici au sens courant : espèces occasionnant des nuisances ou des dommages, et arthropodes vecteurs. Il ne désigne pas une catégorie réglementaire unique. Le cœur du dossier concerne la santé, l’habitat et les espaces fréquentés ; des exemples agricoles et forestiers éclairent les différences territoriales.

1. Moustique tigre : l’implantation continue, les maladies suivent des trajectoires différentes

Au 1er janvier 2026, l’Anses indique une implantation du moustique tigre dans 83 départements métropolitains sur 96. Ce repère mesure une présence établie à l’échelle départementale, et non une occupation uniforme de chaque commune ni un nombre de moustiques par habitant. [4]

Le bilan consolidé 2025 de Santé publique France recense 809 cas autochtones de chikungunya et 30 de dengue dans l’Hexagone. En 2024, ces chiffres étaient respectivement de 1 et 83. Les épisodes de transmission de 2025 concernent huit régions, avec une première pour la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté. L’agence relie l’ampleur du chikungunya notamment à l’épidémie de l’océan Indien et à une souche adaptée à Aedes albopictus. [1]

Au 19 octobre 2026, le bulletin national compte 183 cas autochtones de chikungunya, répartis en 22 épisodes, et 7 cas de dengue dans 5 épisodes. Ces cumuls sont provisoires. Les nombres inférieurs au bilan 2025 ne démontrent ni un recul du moustique ni, à eux seuls, une meilleure efficacité des traitements. [2]

Trois trajectoires pour les arboviroses
Trois trajectoires pour les arboviroses. Graphique redessiné à partir des données de Santé publique France [1] [2] [3]. Les bilans 2024–2025 sont consolidés ; 2026 est provisoire au 19 octobre. Comparaison descriptive de cumuls, sans taux annuel d’évolution. Les trois panneaux ont des échelles différentes.

2. West Nile : un signal distinct, à ne pas attribuer au moustique tigre

Le virus West Nile est transmis par des moustiques du genre Culex, dans un cycle impliquant les oiseaux. Le bilan 2025 dénombre 62 cas humains autochtones, contre 38 en 2024. Il retient six régions, dont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Normandie pour la première fois ; certaines contaminations dans ces deux dernières régions restent géographiquement présumées. [3]

Au 19 octobre 2026, le cumul national atteint 195 cas, dans huit régions. Le bulletin inclut notamment les Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire et la Corse. Il rapporte 76 formes neuro-invasives et six décès parmi les cas signalés, tout en précisant que les informations initiales ne permettent pas d’attribuer ces décès au virus. [2]

La lecture opérationnelle est simple : surveiller seulement le moustique tigre laisserait de côté une autre chaîne de transmission. Une carte de présence d’Aedes, une carte de cas West Nile et une carte des piqûres ressenties ne répondent pas à la même question.

Où se situent les foyers de chikungunya et de dengue ?
Où se situent les foyers de chikungunya et de dengue ?. Reproduction de la figure 2, p. 5 du bulletin de Santé publique France du 21 octobre 2026 [2]. Carte au 19 octobre ; foyers clos en pointillés. Ce sont des foyers de transmission humaine, pas une carte de densité du moustique tigre.

3. Outre-mer : plusieurs situations françaises, plusieurs calendriers

À La Réunion, le bilan publié en décembre 2025 décrit plus de 54 500 confirmations biologiques pendant la vague 2024–2025, 554 hospitalisations de plus de 24 heures signalées et 45 décès liés au chikungunya, dont 22 directement. Les hospitalisations recensées ne sont pas exhaustives. [27]

L’enquête de séroprévalence publiée le 3 décembre 2025 estime l’immunité globale à 66,0 %. Elle concluait à un faible risque de nouvelle épidémie de grande ampleur pendant l’été austral 2025–2026, tout en laissant possible une circulation localisée. Il s’agissait d’une appréciation prospective, non d’une garantie d’absence de cas. [28]

Le tableau de bord réunionnais du 16 octobre 2026 affiche 58 cas confirmés de chikungunya et aucun nouveau cas depuis la semaine 36 ; il décrit des arboviroses sporadiques. C’est un contraste majeur avec la vague précédente, sans preuve que le moustique aurait disparu. [29]

En Guyane, la publication du 23 octobre recense au contraire 2 130 confirmations de chikungunya depuis fin janvier 2026. Les Savanes restent en épidémie, le Littoral Ouest est en post-épidémie depuis la semaine 38 et l’Île de Cayenne conserve des foyers actifs. La bonne unité de lecture peut donc être le secteur infrarégional. [30]

À Mayotte, le point du 10 juillet 2026 comptait 1 389 confirmations de chikungunya, sans nouveau cas en semaine 27. Il signalait également 47 cas de paludisme acquis localement depuis janvier. Ce point de saison ne vaut pas bilan d’octobre. [31] Aux Antilles, le bulletin du 10 septembre distinguait des foyers isolés de dengue en Martinique et une situation calme en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. [32]

4. Tiques : l’encéphalite progresse dans les signalements, Lyme ne suit pas la même courbe

En 2025, 98 infections à virus de l’encéphalite à tiques ont été signalées en France, soit 53 % de plus qu’en 2024. Parmi elles, 81 avaient été acquises en France. Un cas avait une contamination probable en Lozère, département jusque-là non identifié dans cette surveillance. Santé publique France souligne deux explications possibles à la hausse : une incidence réellement accrue et une amélioration du diagnostic et du signalement, obligatoire depuis 2021. Il serait donc faux de traduire ce résultat par « 53 % de tiques en plus ». [5]

Encéphalite à tiques : une hausse des notifications
Encéphalite à tiques : une hausse des notifications. Reproduction de la figure 1, p. 2 du bilan 2025, publié par Santé publique France le 12 mai 2026 [5]. Nombre de cas signalés, toutes origines de contamination confondues. La montée en puissance de la surveillance peut contribuer à la hausse.

Lyme : une baisse documentée dans la série antérieure, pas un verdict sur 2026

La page officielle actualisée en février 2026 présente des données arrêtées en 2024. Elle estime à 35 147 le nombre de cas diagnostiqués en médecine générale en 2024, soit 53 pour 100 000 habitants, avec un intervalle de confiance de 43 à 63. La série montre une baisse depuis 2020, avec des fluctuations annuelles. Les incidences régionales restent plus élevées dans plusieurs territoires de l’Est et du Centre, mais leur précision statistique est limitée. [6]

Ces deux résultats ne se contredisent pas : l’encéphalite à tiques et la borréliose de Lyme sont des maladies différentes, suivies par des dispositifs différents. On ne peut ni additionner leurs indicateurs ni utiliser l’une comme thermomètre de toutes les tiques.

Lyme : la dernière série complète retenue s’arrête en 2024
Lyme : la dernière série complète retenue s’arrête en 2024. Graphique redessiné d’après Santé publique France / Réseau Sentinelles [6]. Les intervalles de confiance à 95 % sont conservés. La série ne permet pas de conclure à l’évolution 2025–2026.

L’exposition dépend aussi du milieu de vie

Le Baromètre 2024, publié en décembre 2025, apporte une autre information : 4,9 % des adultes interrogés déclarent une piqûre de tique dans les douze derniers mois. Cette proportion atteint 9,4 % dans le rural autonome, contre 3,4 % en zone urbaine. Ce sont des déclarations d’exposition, pas des cas de Lyme. Le rapport rappelle également que les signalements volontaires de CiTique ne constituent pas un échantillon représentatif permettant de calculer l’incidence des piqûres. [7]

Quant à Hyalomma et au virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, leur détection dans des tiques en France précède 2025 : le document officiel de référence situe les premières détections virales en 2023. Ce n’est donc pas une « apparition de 2026 ». Faute de bilan récent exploitable retenu ici, aucune tendance nationale 2025–2026 n’est avancée pour ce risque. [38]

Le milieu de vie change l’exposition déclarée aux tiques
Le milieu de vie change l’exposition déclarée aux tiques. Graphique redessiné d’après le tableau 1 du Baromètre 2024, publié en décembre 2025 [7]. Pourcentages d’adultes déclarant une piqûre dans les douze derniers mois ; données déclaratives, sans mesure directe d’abondance.

5. Frelons : une implantation très large, une coordination nouvelle, des résultats encore à mesurer

Le ministère de l’Agriculture indique en septembre 2026 que le frelon à pattes jaunes est présent dans tous les départements hexagonaux. Le plan national adopté ce mois-là prévoit une déclinaison départementale dans les six mois. Une enveloppe exceptionnelle de trois millions d’euros est annoncée pour 2026. Ces éléments documentent l’organisation et les moyens de lutte ; ils ne prouvent pas encore une diminution des colonies ou des dommages. [10]

L’expertise Anses publiée en 2025 porte, elle, sur 2014–2023. Elle ne met pas en évidence de tendance globale à la hausse ou à la baisse des envenimations par l’ensemble des hyménoptères étudiés. Les formes graves représentent 1,5 % des envenimations enregistrées par les centres antipoison. Ce pourcentage concerne les cas remontés à ces centres, et non toutes les piqûres survenues en France. [9]

Le frelon oriental, également évoqué dans l’expertise, a été observé en France dès 2021. Il ne faut pas transformer la publication d’une nouvelle étude en date d’arrivée d’une espèce. Pour juger les résultats de la lutte, les futures séries devront distinguer les espèces, l’effort de recherche des nids et les dommages réellement évités. [9]

6. Chenilles processionnaires : une extension réelle, mais deux espèces et plusieurs indicateurs

Le bilan forestier publié en février 2025 porte principalement sur les cycles 2022–2023 et 2023–2024. Il documente une progression de la processionnaire du pin dans la Marne, la Haute-Marne et l’Aisne, puis une détection dans les Ardennes en décembre 2024. Les dégâts significatifs concernent notamment le massif landais et le piémont pyrénéen. Le document s’appuie sur un réseau forestier : ses résultats ne mesurent pas tous les parcs et jardins français. [12]

L’Anses fournit un complément sanitaire : la série annuelle complète de sa note s’arrête en 2024, même si le recueil va jusqu’en mars 2025. Elle distingue les personnes touchées des événements pouvant concerner plusieurs personnes. La saisonnalité historique culmine en mars pour le pin et plus tard, en juin, pour le chêne. Un calendrier unique serait donc trompeur. [11]

Le ministère rappelle que la processionnaire du pin est indigène et qu’en forêt l’objectif n’est pas sa suppression générale. La gestion vise surtout à réduire le contact avec les poils urticants sur les sites fréquentés. Cela conduit à raisonner selon l’espèce, le stade biologique et l’usage du lieu, plutôt qu’à traiter indistinctement tous les arbres porteurs de chenilles. [13]

Processionnaires : le calendrier diffère selon l’espèce
Processionnaires : le calendrier diffère selon l’espèce. Reproduction de la figure 4, p. 5 de la note Anses [11]. Événements d’envenimation cumulés sur 2012–2024 ; ce graphique n’est pas une prévision mensuelle pour 2026.

7. Punaises de lit : un problème établi, mais pas de pourcentage national nouveau à inventer

La référence nationale souvent citée reste l’expertise Anses de 2023 : plus d’un foyer sur dix avait déclaré une infestation au cours de la période 2017–2022. Ce chiffre ne signifie ni qu’un foyer sur dix est infesté à un instant donné, ni que 11 % des foyers ont été infestés en 2025 ou en 2026. [14]

La fiche officielle de Puli2 décrit une étude de consultations en médecine générale sur 2024–2025, mais ne fournit pas de résultats chiffrés dans la version consultée. Il n’est donc pas possible d’en déduire une hausse après les Jeux olympiques ou un recul national récent. Même publiée, une mesure des consultations ne serait pas un recensement exhaustif des logements infestés. [15]

L’Anses retient les voyages et les résistances aux insecticides parmi les facteurs de recrudescence. La présence de punaises n’est pas un indicateur automatique de manque de propreté. [39] Les recommandations ministérielles privilégient d’abord la lutte physique, un protocole explicite et une surveillance après intervention. Elles concernent notamment logements, hôtels et établissements d’hébergement. Elles ne fournissent pas de classement récent de ces secteurs selon leur prévalence. [16]

8. Rats, souris et blattes : des enjeux locaux, sans courbe nationale démontrée dans ce corpus

La Ville de Paris présente en 2026 les résultats d’une recherche menée sur 2022–2025 : aménagements, végétalisation et gestion des déchets participent aux dynamiques de présence et de circulation du rat brun. Ce travail local éclaire la gestion urbaine ; il ne fournit pas un taux de croissance de tous les rats français. [19]

La documentation municipale insiste sur l’accès à la nourriture, les déchets et les signalements. Elle évoque aussi une visibilité accrue à Paris à l’automne 2026, mais sans estimation nationale standardisée. Un signalement, un passage d’une entreprise et un rat observé sont trois unités différentes. Additionner les interventions ne donnerait pas le nombre d’animaux. [20]

Pour les souris et les blattes, aucune série nationale officielle 2025–2026 comparable et exploitable n’a été identifiée dans les sources consultées. Cela ne prouve pas leur stabilité. Cela signifie que les affirmations « explosion partout en France » ou « recul national » ne sont pas démontrées par ce dossier.

Leptospirose : un recul sanitaire qui ne mesure pas les rats

Le taux de notification en France hexagonale et Corse passe de 0,67 pour 100 000 habitants en 2024 à 0,41 en 2025. Le bilan compte 274 signalements dans ce périmètre et 288 dans les DROM. Il distingue ces notifications des diagnostics du Centre national de référence : 514 cas diagnostiqués en Hexagone en 2025. Les deux nombres ne doivent pas être fusionnés. [8]

La maladie renseigne sur un risque d’exposition à un environnement ou à des animaux contaminés. Sa notification dépend aussi du diagnostic et de la déclaration. Le recul constaté ne prouve donc pas une dératisation nationale réussie et ne permet pas de compter les rongeurs.

Leptospirose : des notifications en recul
Leptospirose : des notifications en recul. Graphique redessiné d’après le bilan 2025 de Santé publique France [8]. Taux de notification en France hexagonale et Corse. Une baisse de maladies signalées n’est pas une mesure de la population des rongeurs.

9. La maîtrise peut elle-même créer un risque : le cas des insecticides interdits

L’Anses a publié en avril 2026 une nouvelle alerte sur le SNIPER 1000 EC DDVP, insecticide interdit employé illégalement notamment contre les punaises et les cafards. [17] L’Assurance Maladie reprend 351 intoxications recensées de début 2023 à fin 2025, avec quatre décès. Ces cas concernent le produit ; ils ne sont pas tous assimilables à des accidents lors d’une désinsectisation domestique. [18]

La maîtrise ne se mesure donc pas au seul nombre d’insectes éliminés. Elle doit aussi éviter les expositions dangereuses. La recommandation concrète issue des consignes officielles est de respecter les usages autorisés, de demander le protocole et de vérifier le résultat dans le temps. Une intervention plus agressive n’est pas, par définition, une intervention plus efficace. [16] [18]

10. Scarabée japonais : des premières captures, puis davantage de territoires concernés

Le Grand Est a enregistré cinq adultes en 2025. La surveillance renforcée n’a pas identifié de foyer cette année-là. En 2026, deux individus ont été capturés dans le secteur de Strasbourg ; les investigations régionales ont retenu des individus isolés. [21]

L’année 2026 ajoute d’autres localisations : Écot dans le Doubs le 16 juin, puis Pont en Côte-d’Or le 7 juillet. Les autorités évoquent un transport accidentel par véhicule et renforcent le piégeage. [22] [23] En PACA, deux adultes ont été capturés à Cannes le 18 juin ; une nouvelle détection à Mougins a été annoncée en juillet. [24] [25]

La conclusion est une multiplication documentée des interceptions ou détections sur plusieurs régions, pas la démonstration, à partir de ces seuls communiqués, d’une invasion installée dans toute la France. Pour les pépinières, les espaces verts et les transports de végétaux, l’enjeu est la détection précoce et le signalement aux services phytosanitaires. [22] [24]

Autre distinction utile : une zone réglementée ne prouve pas une infestation. En avril 2026, la DRAAF PACA expliquait que deux communes des Hautes-Alpes entraient dans la zone tampon d’un foyer italien tout en étant alors indemnes. La carte des restrictions et celle des captures ne doivent pas être confondues. [40]

11. Une alerte de dernière minute : Shamonda et les moucherons piqueurs

Le 23 octobre 2026, Santé publique France rapporte la première infection humaine détectée par le virus Shamonda, chez un patient profondément immunodéprimé hospitalisé à Lyon, décédé après une atteinte neurologique grave. Le virus circule chez les animaux via des moucherons du genre Culicoides. Chez ce patient, une piqûre infectante est une hypothèse privilégiée, mais les investigations se poursuivent. [26]

L’agence indique qu’au 20 octobre le virus avait été détecté chez des bovins dans 52 départements. Elle précise qu’aucune transmission interhumaine ni aucun risque pour la population générale n’est identifié à ce stade. Cette alerte justifie une veille spécifique ; elle ne permet pas d’annoncer une épidémie humaine ou une prolifération nationale démontrée des culicoïdes. [26]

12. Agriculture et forêts : les tendances changent à l’échelle de quelques secteurs

Le BSV Prairies de Bourgogne-Franche-Comté du 6 juillet 2026 illustre la variabilité des campagnols terrestres. Les populations restent élevées à Maîche et Saint-Hippolyte, tandis qu’un déclin est envisagé sur une partie du Russey et que plusieurs secteurs jurassiens présentent des niveaux faibles avec des foyers localisés. Le bulletin avertit que les observations après fenaison et en période sèche peuvent sous-estimer les infestations. [33]

En forêt, les bilans 2025 montrent des améliorations locales. La DRAAF Occitanie rapporte un recul des attaques de scolytes sur plusieurs résineux. [36] Le bilan Auvergne-Rhône-Alpes décrit une stabilisation dans les Alpes, mais un niveau encore élevé dans les montagnes de l’Ain. [34]

La mise à jour du 23 octobre 2026 modifie cette lecture pour Auvergne-Rhône-Alpes : elle signale un rebond du typographe de l’épicéa dans le Massif central, les montagnes de l’Ain et l’ouest des Alpes. Des mortalités de sapins liées aux scolytes sont attendues pour l’automne et l’hiver 2026–2027 : cette partie reste prospective. Une amélioration de 2025 ne suffit donc pas à qualifier l’automne 2026. [35]

13. Termites et autres nuisibles : ce que l’on peut localiser, ce que l’on ne peut pas quantifier

Pour les termites, Service Public oriente vers une recherche des communes ou départements couverts par un arrêté préfectoral. C’est un outil pertinent pour vérifier le statut d’un bien. Ce zonage administratif ne mesure toutefois ni la proportion des bâtiments infestés ni la vitesse biologique de progression des termites. [37]

Pour les pigeons, les mouches, les insectes des denrées stockées et plusieurs fourmis envahissantes, ce travail n’a pas identifié de série nationale officielle récente permettant une comparaison 2025–2026. Ils sont signalés ici comme angles morts du bilan, sans extrapoler des témoignages locaux ni fabriquer un classement des villes. Les ravageurs agricoles ne sont pas inventoriés culture par culture : les bulletins locaux restent nécessaires à cette échelle.

14. Ce que ce bilan change pour les professionnels et les collectivités

La synthèse opérationnelle qui suit est une déduction du corpus, et non un classement statistique des secteurs. La priorité dépend du site : espaces extérieurs fréquentés pour les vecteurs et les chenilles ; hébergement pour la détection des punaises ; locaux et déchets alimentaires pour la prévention des rongeurs ; transport de végétaux pour les organismes de quarantaine. [13] [16] [20] [22]

Un suivi utile doit conserver la même unité au fil du temps : foyers confirmés, indices d’activité par zone inspectée, réinfestations, délai de détection et contrôle après intervention. Le nombre de plaintes seul ne suffit pas à juger la situation ; le nombre de traitements seul ne suffit pas à juger la réussite. Ces indicateurs de gestion sont proposés ici comme méthode de lecture, sans leur attribuer une efficacité nationale chiffrée.

Pour préparer les prochains mois, la décision la plus solide consiste à actualiser le diagnostic par espèce et par site, à consulter les alertes territoriales et à documenter le résultat des interventions. Le bilan disponible justifie une surveillance mieux ciblée. Il ne justifie ni l’annonce d’une invasion générale de la France, ni une promesse de maîtrise définitive.

Sources et périmètres des données

Cette sélection privilégie les sources institutionnelles. Elle n’est pas un inventaire exhaustif de toutes les études françaises. Toutes les références ont été consultées le 25 octobre 2026.

  1. Chikungunya, dengue et Zika : bilan 2025
    Santé publique France, 6 mai 2026. Surveillance humaine ; saison 2025 et comparaisons 2024.
  2. Arboviroses : bulletin national du 21 octobre 2026
    Santé publique France. Cas autochtones arrêtés au 19 octobre ; importés au 18 octobre ; provisoire.
  3. Virus West Nile : bilan 2025
    Santé publique France, 6 mai 2026. Bilan humain 2025 ; certaines localisations présumées.
  4. Signalement du moustique tigre
    Anses, situation au 1er janvier 2026. Implantation départementale ; ne mesure pas la densité.
  5. Encéphalite à tiques : cas signalés en 2025
    Santé publique France, 12 mai 2026. Signalement obligatoire depuis 2021 ; effet possible de surveillance.
  6. Borréliose de Lyme : données nationales
    Santé publique France, actualisation du 20 février 2026. Dernière série retenue : 2009–2024 ; estimations Sentinelles et données hospitalières.
  7. Piqûres de tiques et borréliose de Lyme : connaissances, attitudes et pratiques
    Santé publique France, décembre 2025. Baromètre 2024 ; adultes 18–79 ans ; données déclaratives.
  8. Épidémiologie de la leptospirose en France en 2025
    Santé publique France, 30 juillet 2026. Signalement obligatoire ; comparaison distincte avec les diagnostics du CNR.
  9. Envenimations par les frelons et autres hyménoptères
    Anses, juin 2025. Étude sanitaire multibase ; observations 2014–2023.
  10. Adoption du plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes
    Ministère de l’Agriculture, 16 septembre 2026. Document officiel de politique publique ; pas une évaluation de résultats.
  11. Chenilles processionnaires : envenimations de janvier 2012 à mars 2025
    Anses, note de données agrégées. Séries annuelles complètes 2012–2024 ; 2025 partiel ; cas et événements distincts.
  12. Surveillance de la processionnaire du pin en forêt
    Département de la santé des forêts, février 2025. Cycles 2022–2023 et 2023–2024 ; réseau forestier, non extrapolable à tous les jardins.
  13. Processionnaire du pin : un insecte qui progresse sur le territoire
    Ministère de l’Agriculture, 30 janvier 2025. Gestion du risque en forêt et distinction espèce indigène / invasion.
  14. Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte
    Anses, juillet 2023 ; rapport hébergé par Vie-publique. Référence historique ; enquête rétrospective 2017–2022, pas une mesure de 2026.
  15. Puli2 : consultations liées aux punaises de lit
    Réseau Sentinelles, fiche étude 2024–2025. Protocole et objectifs ; aucun résultat chiffré sur la fiche consultée.
  16. Punaises de lit : prévention et lutte
    Ministère de la Santé, mise à jour du 24 novembre 2025. Recommandations ; ne constitue pas une enquête de prévalence.
  17. SNIPER 1000 EC DDVP : intoxications toujours en hausse
    Anses, Vigil’Anses n°28, avril 2026. Toxicovigilance ; intoxications par un produit, non mesure des infestations.
  18. Punaises de lit : que faire pour s’en débarrasser ?
    Assurance Maladie, page consultée le 25 octobre 2026. Page reprenant les résultats de toxicovigilance 2023–2025.
  19. Rats bruns, biodiversité et aménagement urbain
    Ville de Paris, 12 mai 2026. Présentation d’une thèse 2022–2025 ; portée locale et qualitative.
  20. Comment Paris lutte contre les rats
    Ville de Paris, page consultée le 25 octobre 2026. Gestion et constat municipal ; aucune estimation nationale de population.
  21. Scarabée japonais : surveillance 2025 et 2026
    DRAAF Grand Est, actualisation d’octobre 2026. Interceptions et surveillance régionale ; bilan 2025 sans foyer identifié.
  22. Popillia japonica détecté dans le Doubs
    DRAAF Bourgogne-Franche-Comté, 25 juin 2026, actualisé le 10 août. Capture du 16 juin ; hypothèse d’un individu transporté.
  23. Présence du scarabée japonais en Côte-d’Or
    DRAAF Bourgogne-Franche-Comté, 16 juillet 2026, actualisé le 10 août. Capture du 7 juillet à Pont ; prospections renforcées.
  24. Première détection du scarabée japonais en PACA
    Préfecture des Alpes-Maritimes, communiqué du 29 juin 2026. Deux adultes capturés le 18 juin à Cannes ; interception supposée.
  25. Nouvelle détection du scarabée japonais à Mougins
    DRAAF PACA, 17 juillet 2026. Détection locale ; ne constitue pas à elle seule la preuve d’une population établie.
  26. Virus Shamonda : un premier cas humain détecté en France
    Santé publique France, 23 octobre 2026. Alerte et investigations en cours ; pas un bilan stabilisé.
  27. Chikungunya à La Réunion : hospitalisations et décès
    Santé publique France, 10 décembre 2025. Hospitalisations signalées volontairement ; série non exhaustive.
  28. Chikungunya à La Réunion : enquête de séroprévalence 2025
    Santé publique France, 3 décembre 2025. Immunité mesurée et appréciation prospective du risque pour l’été austral 2025–2026.
  29. Surveillance sanitaire à La Réunion
    Santé publique France, 16 octobre 2026. Situation en semaine 41 ; chiffres cumulés dans le tableau de bord.
  30. Chikungunya et dengue en Guyane
    Santé publique France, bulletin intitulé 22 octobre, publié le 23 octobre 2026. Situation S42 ; derniers chiffres non consolidés ; lecture par secteur.
  31. Surveillance sanitaire à Mayotte
    Santé publique France, 10 juillet 2026. Situation S27 ; utilisée comme point de saison, pas comme bilan d’octobre.
  32. Dengue aux Antilles
    Santé publique France, 10 septembre 2026. Situation S36 ; ne préjuge pas de toute la fin d’année.
  33. BSV Prairies n°3
    FREDON BFC / DRAAF Bourgogne-Franche-Comté, 6 juillet 2026. Observations de juin sur sept secteurs ; biais de détectabilité après fenaison et sécheresse.
  34. Bilan de la santé des forêts 2025
    DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, avril 2026. Bilan régional ; différences entre Alpes, Ain et Massif central.
  35. Situation sanitaire des forêts à l’automne 2026
    DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, 23 octobre 2026. Rebond observé de scolytes ; certaines mortalités seulement attendues.
  36. Bilans sylvo-sanitaires 2025
    DRAAF Occitanie. Recul d’attaques de scolytes en 2025 ; portée régionale.
  37. Zones termites : recherche par commune
    Service Public, vérifié le 24 février 2026. Zonage administratif ; n’est pas un recensement des bâtiments infestés.
  38. Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : information et prévention
    Santé publique France, document de référence 2024. Repère historique sur Hyalomma ; aucune actualisation chiffrée 2026 déduite.
  39. Les punaises de lit en 13 questions
    Anses, fiche de référence. Voyages, résistances et absence de lien automatique avec la propreté.
  40. Popillia japonica : évolution de la situation en PACA
    DRAAF PACA, 23 avril 2026. Zone tampon : deux communes françaises alors indemnes ; ne pas confondre zonage et présence.