Mobilisation et Prévention
La dératisation protège la vie humaine
La présence de rats dans un bâtiment est souvent considérée comme un problème de propreté ou de confort. Elle peut pourtant avoir des conséquences humaines sérieuses. Des événements récents en France rappellent pourquoi la dératisation mérite une place essentielle dans la prévention sanitaire, sans céder à la peur.
À Oléron, un nourrisson blessé dans son lit
Le 11 octobre 2026, à Saint-Pierre-d'Oléron, en Charente-Maritime, un bébé de sept mois a été mordu à plusieurs reprises par un rat alors qu'il dormait dans son lit.
Selon les témoignages publiés dans la presse, son père, alerté par ses cris, a découvert l'animal sur sa tête. L'enfant a été pris en charge à l'hôpital de Rochefort pour une dizaine de plaies, notamment aux mains et derrière une oreille.
Un traitement antibiotique et antiseptique lui a été prescrit. Les informations publiées indiquaient qu'il ne devrait pas conserver de séquelles physiques.
Ces blessures rappellent la gravité possible d'une intrusion de rongeur dans une habitation, sans permettre d'affirmer que le pronostic vital de cet enfant était engagé.
La famille a également signalé la présence de rats dans le voisinage. Toutefois, l'origine exacte de l'animal impliqué dans l'accident n'a pas été établie.
À Cannes, un précédent comparable en 2024
Dans la nuit du 4 au 5 octobre 2024, un enfant de trois ans a également été mordu pendant son sommeil dans un appartement de Cannes, dans les Alpes-Maritimes.
La presse a rapporté des blessures au nez, près de l'œil et au cou. Le père de l'enfant a découvert un rat dans le logement après avoir été alerté par les cris de son fils.
Le service communal d'hygiène de Cannes a été informé et des pièges ont été installés autour de la résidence concernée.
Ces deux affaires ne permettent pas de mesurer la fréquence des morsures de rats dans les logements français. Elles montrent néanmoins que des accidents peuvent survenir jusque dans une chambre, notamment lorsque des rongeurs parviennent à pénétrer à l'intérieur des habitations.
Une présence confirmée de rats dans les pièces de vie doit donc entraîner une recherche rapide des points d'entrée et la mise en place de mesures adaptées.
Le danger sanitaire existe aussi sans morsure
Les risques sanitaires associés aux rongeurs ne se limitent pas aux morsures. Les rats font partie des principaux réservoirs de la leptospirose, une infection bactérienne pouvant provoquer des complications graves.
La contamination survient principalement lors d'un contact avec de l'eau, de la boue ou un environnement humide souillé par les urines d'animaux infectés.
Les bactéries peuvent pénétrer dans l'organisme par une plaie, même minime, ou par les muqueuses.
Les symptômes peuvent notamment comprendre :
- Une fièvre élevée d'apparition brutale.
- Des douleurs musculaires importantes.
- Des maux de tête.
- Des troubles digestifs.
Dans les formes graves, la leptospirose peut atteindre plusieurs organes, notamment les reins et le foie, et nécessiter une hospitalisation.
Des chiffres qui rappellent la gravité possible de la maladie
À La Réunion, l'Agence régionale de santé signalait, au 3 mai 2024, 204 cas de leptospirose depuis le début de l'année et un décès identifié comme directement lié à la maladie.
Le contexte tropical de La Réunion favorise davantage la transmission. Ces données ne doivent donc pas être directement transposées à Toulouse ou à la France métropolitaine.
À l'échelle nationale, Santé publique France a recensé 562 cas signalés de leptospirose et six décès en 2025, dont 274 cas en France hexagonale et en Corse et 288 dans les départements et régions d'outre-mer.
Ces chiffres concernent différentes situations d'exposition : activités agricoles, jardinage, baignades en eau douce ou contacts avec des animaux.
Ils ne signifient pas que tous ces cas sont liés aux rats présents dans les bâtiments.
Que faire en cas de morsure de rat ?
Une morsure de rat nécessite une attention médicale en raison du risque d'infection de la plaie.
Les premiers gestes consistent à :
- Laver rapidement la plaie à l'eau courante et au savon.
- Appliquer un antiseptique adapté.
- Protéger la blessure avec un pansement propre.
- Consulter rapidement un professionnel de santé pour évaluer le risque infectieux et vérifier notamment la vaccination antitétanique.
Une morsure concernant un nourrisson, le visage, une main ou une plaie profonde nécessite une évaluation médicale urgente.
Le médecin déterminera si un traitement antibiotique ou une surveillance particulière est nécessaire.
Intervenir sur les causes pour protéger durablement les occupants
Pour les professionnels de la 3D — dératisation, désinsectisation et désinfection —, la prévention consiste d'abord à réduire les conditions favorables à l'installation des rongeurs.
Les principales mesures sont :
- Supprimer les sources de nourriture : conserver les denrées dans des contenants fermés et éviter de laisser des aliments accessibles.
- Améliorer la gestion des déchets : utiliser des poubelles fermées et nettoyer régulièrement les locaux de stockage.
- Éliminer les refuges : retirer les encombrants, cartons et matériaux accumulés dans les caves, garages ou jardins.
- Bloquer les accès : inspecter les passages de canalisations, les ventilations, les bas de portes et les ouvertures dans les murs.
- Surveiller les premiers indices : déjections, emballages rongés, bruits nocturnes ou traces de passage.
Une dératisation professionnelle doit identifier les espèces présentes, rechercher les voies d'intrusion, choisir des moyens de lutte adaptés et vérifier les résultats obtenus.
Dans un immeuble collectif, traiter un seul appartement peut être insuffisant si les rongeurs circulent dans les caves, les gaines techniques ou les parties communes.
Une coordination avec le syndic et les occupants peut alors être nécessaire.
Pourquoi la dératisation est une mesure de prévention sanitaire
L'Institut Pasteur cite explicitement la dératisation parmi les moyens de prévention de la leptospirose, aux côtés de la gestion des eaux contaminées et des protections individuelles lors des activités à risque.
La présence d'un rat ne signifie pas automatiquement qu'une personne sera mordue ou contaminée. Les accidents graves restent des situations particulières, et le risque dépend notamment de l'environnement, de l'importance de l'infestation et des possibilités de contact.
En revanche, ignorer une infestation confirmée peut laisser persister des conditions favorables aux accidents et aux contaminations.
À retenir : la dératisation ne répond pas uniquement à un problème de propreté. Elle contribue à protéger les occupants contre des risques sanitaires parfois graves. Dès les premiers signes d'une infestation, faire évaluer la situation permet de mettre en place une réponse proportionnée et durable.
Sources et références
- Le Parisien, 20 octobre 2026 : nourrisson de sept mois mordu par un rat à Saint-Pierre-d'Oléron
- La Dépêche du Midi, 11 octobre 2024 : enfant de trois ans mordu par un rat à Cannes
- que France, 30 juillet 2026 : bilan national de la leptospirose en 2025
- Institut Pasteur : transmission, symptômes et prévention de la leptospirose
- Ministère de la Santé : informations sur la leptospirose